• Tristesse et beauté

    2018-11

    Tristesse et beautéC'est une histoire d'aller et retour. Un ami auquel j'avais fait découvrir Les Belles endormies, m'a parlé de ce livre.

    KAWABATA Yasunari 

    Tristesse et beauté

    Traduit du japonais par Amida  Okada

    Albin Michel, 1981, Le Livre de Poche n° 3253

    260 pages

     

    Oki, un écrivain quinquagénaire, se rend à Kyôto pour entendre sonner les cloches des sanctuaires célèbres qui annoncent le passage d'une année à l'autre. Il caresse en outre l'espoir de les écouter en compagnie d'Otoko, dont il a retrouvé la trace dans un article qui lui était consacré, car elle est devenue une peintre réputée. Oki doit sa carrière à un livre écrit sur leur amour impossible, Une jeune fille de seize ans, livre qui demeure son roman le plus vendu. Il avait alors une trentaine d'années et était déjà marié. Oki finit par appeler Otoko qui accepte d'aller écouter les cloches en sa compagnie. Mais, c'est son élève, Keiko, qui vient le chercher. Keiko, jeune fille de dix-sept ans, d'une beauté foudroyante, d'une liberté étonnante, d'un caractère entier et jaloux, un brin perverse, voue un amour passionné à Otoko et a décidé de la venger de l'abandon d'Oki.

          C'est sur ce socle que se déroule le récit, qui inclut aussi la femme et le fils d'Oki, ainsi que la mère d'Otoko, et qui atteint l'intensité d'une tragédie grecque, mais avec délicatesse, sans cris ni fureur.

          L'auteur mène son récit à la troisième personne. Sa narration très musicale est faite de résonances, de reprises, d'échos pour souligner la puissance de la passion : rien n'est jamais oublié, tout reste présent, d'une présence que dévoilent les courts-circuits du temps, et affirmer qu'il n'est pas de beauté sans tristesse.  La nature, toujours présente, est quasiment un personnage.

          Une petite merveille.

    P.S. Comme souvent, je suis très agacée par la traduction, et ici dès le titre. Kawabata écrit Utsukushisa to kanashimi to / Et la beauté, et la tristesse nous laissant entendre la simultanéité de l'une et l'autre, et non la jonction de deux notions indépendantes. 

    .....

    Citation

          « Les ombres denses des pins tombaient sur la vaste allée conduisant de la porte d'entrée au monastère. L'allée était bordée de magnifiques pins rouges entremêlés d'étables. Même l'ombre projetée sur le sol était immobile. Les ombres des pins se déplaçaient uniquement sur le passage de Keiko et jouaient sur le kimono blanc et sur le visage de la jeune fille. Une branche d'érable plus basse que les autres lui effleura presque le visage. »  p. 238.


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